Que nous réserve l'avenir ?

« C'est qu'au fond, il n'y a qu'une seule race : l’humanité. »

« C'est qu'au fond, il n'y a qu'une seule race : l’humanité.  »
LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ

dimanche 11 décembre 2011

Léonard de Vinci

Peintre, sculpteur, ingénieur et architecte italien (1452-1519)

« Ce grand artiste nous ramène à la Renaissance. Son nom a sa place dans l’histoire de la philosophie parce que c’est dans les aphorismes extraits de ses manuscrits posthumes que se trouve la première formule claire sur le principe et la méthode des sciences exactes. Cet esprit, le plus universel de la Renaissance, n’était pas seulement versé dans les arts plastiques, mais encore dans l’anatomie, le génie et la mécanique, et il ressentait le besoin de se rendre compte au moyen d’idées philosophiques de la voie qu’il prenait dans ses investigations ainsi que des impressions qu’il avait des faits et gestes des hommes qui l’environnaient. Il naquit en 1452 près de Florence et reçut des leçons de peinture de Verrochio, qui cultivait en outre la tisseranderie, la fonderie en métaux et l’orfèvrerie. Appelé à Milan par Ludovic le More, il y institua une académie des sciences. On a émis l’opinion qu’une partie de ses notes était destinée à des cours pour cet établissement. À Milan, Léonard de Vinci déployait une multiple activité : peintre et sculpteur, il était encore ingénieur, musicien et ordonnateur des fêtes de la Cour. Après la chute de Ludovic le More, il exerça son activité principalement à Florence et à Rome. Il passa ses dernières années en France, où il mourut en 1519. L’inconstance de sa vie et la diversité de ses occupations eurent pour effet de l’empêcher de composer les ouvrages qu’il projetait sur des sujets physiques et philosophiques. Ils auraient profondément influé sur le développement de la pensée scientifique et l’auraient considérablement accéléré. Des idées que l’on rapporte d’ordinaire à Galilée ou à Bacon se trouvent déjà exprimées par Léonard de Vinci, mais sont restées enfouies dans ses manuscrits (…) »

Harald Höffding, Histoire de la philosophie moderne [1]. Traduit de l'allemand par P. Bordier, avec corrections et notes nouvelles de l'auteur. Préface de Victor Delbos. Paris, F. Alcan, 1906, p. 172-173.

Biographie

«Nous ne savons à peu près rien des premières oeuvres de Léonard. Le carton de la Chute, d'après lequel on devait exécuter en Flandre une tapisserie pour le roi de Portugal, le dragon molto orribile e spaventoso, peint sur la rondache (bouclier en bois de figuier), la Tête de Méduse, ne sont connus que par les descriptions de Vasari. Mais ces descriptions suffisent à nous montrer que déjà il cherche ce que toute sa vie il s'efforcera d'atteindre à force de justesse et de précision dans l'imitation, il veut égaler la nature, parler avec autant de relief le langage des lignes, des formes et des couleurs, mais pour exprimer par ce langage sa propre émotion et pour la transmettre aux hommes. Il est à cette heure ce qu'il restera, le réaliste incomparable qui fixe sur les choses l'œil le plus clairvoyant et rencontre l'idéal sans effort, en continuant le réel, en reliant ses créations à celles de la nature[..]
La grande œuvre pittoresque du Vinci à Milan est la Cène qu'il peignit dans le réfectoire du couvent do-minicain de Sainte-Marie des Grâces. On sait que cette peinture célèbre a subi tous les outrages du temps et de la main des hommes : l'original à demi effacé sollicite notre curiosité plus qu'il ne la satisfait. Les nombreuses copies de disciples, que l'on voit à Milan, au Louvre, à l'Ermitage, à la Royale Académie de Londres, ne peuvent atténuer nos regrets. Bien des commentaires ont été écrit sur ce chef-d'œuvre, où le maître s'est efforcé d'égaler l'art à la vie, de créer des êtres individuels, différents et, au choc du même sentiment qui les frappe à la fois de fondre ces individus, éléments vivants, dans l'unité vivante d'une œuvre harmonieuse.»
«Léonard de Vinci: l'artiste» par Gabriel Séailles

*******


L'unité qui n'est pas dans l'œuvre scientifique de Léonard est dans sa méthode. La scolastique n'existe pas pour lui. Il évite avec la même aisance les dangers de l'humanisme. Il se prononce contre le respect superstitieux de l'antiquité avec autant de netteté que Bacon. C'est à l'expérience que les anciens ont dû les vérités qu'ils nous ont transmises; comme nous, ils relèvent de cette autorité souveraine: «Si je ne sais, comme eux, alléguer les auteurs, j'invoquerai une chose bien plus haute, bien plus digne, en invoquant l'expérience maîtresse de leurs maîtres». Ce que nous pensons n'a d'intérêt que si nous pensons ce qui est; comment savoir ce qui est, sinon en le constatant? «L'expérience ne trompe jamais, ce sont nos jugements seuls qui nous trompent.»
«Léonard de Vinci: le savant», par Gabriel Séailles

Oeuvres

Peintures
Le baptême du Christ, Andrea Verrochio assisté de Léonard de Vinci, 1470-1475 (Offices, Florence)
Annonciation, 1472-1475 (Offices, Florence)
Madonne à l'Enfant, dite la Madonne Benois, 1478 (Musée de l'Hermitage, Saint-Pétersbourg)
La Vierge aux Rochers, 1483-1486, (Louvres, Paris)
Madonne à l'Enfant, dite Madonne Litta, 1490-1491 (Musée de l'Hermitage, Saint-Petersbourg, Russie)
Mona Lisa, dite la Joconde, 1503-1506 (Louvres, Paris)
La Joconde (examen tridimensionnel du tableau par le CNRC)
La Vierge aux Rochers, vers 1508 (National Gallery, Londres)
La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne, vers 1510 (Louvres, Paris)
Madone de Laroque (une oeuvre de Vinci ? les experts s'y intéressent)

Dessins
Buste d'un condotiere vue de profil, 1475-1480 (British Museum, Londres)
La Vierge à l'Enfant avec un chat, 1475-1481 (British Museum, Londres)
Étude pour la Nativité, 1480-1485 (Metropolitan Museum of Art, New York)
Un ours, vers 1490 (Metropolitan Museum of Art, New York)
La Vierge à l'Enfant avec sainte Anne et saint Jean Baptiste, dessin préparatoire, 1499-1500 (National Gallery, Londres)
Tête de la Vierge, 1508-1512 (Metropolitan Museum of Art, New York)

Écrits

En italien

Aforismi, novelle e profezie (Liber Liber). Téléchargement (RTF + ZIP) (TXT + ZIP)

En traduction française

Les Carnets de Léonard de Vinci. Tomes 1 et 2. Introduction, classement et notes par Edward Maccurdy. Préface de Paul Valéry. Paris, Gallimard, 1942
Traité de la peinture. Textes traduits et présentés par A. Chastel. Paris, Éd. Berger-Levrault, 1987
Manuscrit sur le vol des oiseaux. Édition préparée par A. Marioni. Traduction française de S. Bramly. Préface André Chastel. Paris, Les Incunables, 1989

La dernière leçon de Léonard de Vinci à son Académie de Milan, 1499. Précédée d'une étude sur le maître par Joséphin Péladan. Paris : E. Sansot, 1904, 100 p. (Bibliothèque nationale de France, Gallica - mode image, format PDF)

Aucun commentaire: